sous chez Emmaus, du carton à la toile,couche une vache sur ordinateur et enroule ses serpents de mer sur un vieux réfrigérateur. Tout est bon pour ses personnages bousculés dans une tete d'artiste qui leur ressemble si peu. A trente-six ans, Didier Triglia n'a pas le physique de l'emploi. Rien de l'artiste " déjanté" . En costume cravate, il s'installerait sans problème à la table d'un conseil d'administration. Peut-etre plus tard ? En attendant, il est employé commercial au centre Leclerc Sud, rayon "saisonnier" . Smicard, deux enfants à suivre, au travail le matin dès 06 h 30 "je suis raisonnable. Pas question de me mettre des dettes sur le dos. Pourtant, on peut devenir fou avec la peinture. Cela peut devenir une drogue." Alors il résiste, s'organise pour gérer le "besoin" qui est toujours là. "Dès que j'ai fini une toile, il faut que j'en attaque une autre."

L'HABITUDE DE PRENDRE DES CLAQUES

Son travail lui laisse toutes ses après-midi libres.De quoi se lancer sur plusieurs tableaux à la fois.Au point d'en avoir une centaine dispersée au long de l'été au restaurant " L"Ovalie ", à Torreilles, " El Gringo", à St Estève, un coiffeur à Canet et Dieu sait ou encore.Beaucoup de restaurants, comme pour rappeler que Didier Triglia à commencer par là. Il n'est pas diplomé des "beaux-arts "... mais de l'école hotelière du Moulin à vent. Avec un CAP de serveur. Bon pour faire les saisons sur la cote, avant de bifurquer vers le batiment. Nouveau CAP. De peinture, cette fois. Et le voilà parti à Paris. "A faire du beau boulot " , à soigner ses laques dans des appartements ou des bureaux. Il en gardera un précieux savoir faire.

Les " amours de deux limaces ", un petit format sur carreaux de céramique.

Sous les voutes de la chapelle Saint- Dominiquue, en juin, Triglia avait trouvé l'espace pour ses draps peints pour la fete de la musique.

   
 
   
 
     
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